“De la protection à la relation”: la Chaire annonce sa nouvelle programmation 2022-2029
La Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain compte parmi les 176 chaires dont le gouvernement du Canada a annoncé, le 16 décembre, le renouvellement ou la création, grâce à un investissement de plus de 139 millions de dollars. Cette annonce, qui permettra à la Chaire de bénéficier d’un financement de 1,4 millions de dollars sur sept ans, va de pair avec celle de la création d’un nouveau laboratoire de la Chaire, grâce au soutien du Fonds des leaders John-R.-Evans de la Fondation canadienne pour l’innovation.
Sous le titre “De la protection à la relation. Représentations, effets et gestion du patrimoine en situations postindustrielle et postcoloniale”, la programmation 2022-2029 de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain explore comment le patrimoine, en tant que dynamique territoriale, se construit socialement, et de quelles manières il peut transformer son milieu et soutenir un développement juste et équilibré. L’on veut ainsi apporter des solutions aux problèmes de gestion publique du patrimoine immobilier, acculée dans une impasse par une incapacité structurelle à répondre à la pluralisation des représentations collectives, et à la crise des milieux de vie bouleversés par les transformations accélérées de la société et de l’environnement.
Dans l’ensemble des activités de recherche, de formation, d’encadrement et de mobilisation, l’on propose de changer le paradigme du patrimoine, de la protection, qui fait du patrimoine un reste, à la relation, qui en fait un substrat, en considérant le patrimoine en tant que projet – et non comme un objet préexistant – et en tant qu’agent de développement durable. À l’université ou en partenariat avec des collectivités, au Québec et à l’étranger, cette proposition théorique prend corps dans des travaux sur des ensembles industriels, sur l’architecture et la planification urbaine du XXe siècle, ainsi que sur les pratiques et les politiques patrimoniales dans les domaines du tourisme, de l’urbanisme et de la muséologie, par exemple, particulièrement autour de la notion de « droit au patrimoine ».
La programmation prend aussi appui sur le Laboratoire d’analyse et de médiation spatialisées du patrimoine urbain, financé concomitamment par la Fondation canadienne pour l’innovation. Grâce à une plateforme de cartographie fine, multiscalaire et participative, ainsi qu’à des équipements d’enregistrement, de production et de diffusion, le laboratoire permet d’optimiser la collecte et l’analyse multifactorielle de données diverses – allant d’archives historiques à des récits de pratique, par exemple – tout en consolidant l’ancrage du patrimoine dans des milieux de vie.
La titulaire de la Chaire, Lucie K. Morisset, est professeure depuis 1996 au Département d’études urbaines et touristiques de l’École des sciences de la gestion, chercheure au CÉLAT, le Centre Cultures-Arts-Sociétés, et chercheure associée au CRILCQ. À l’UQAM, elle enseigne dans les programmes en tourisme, en études urbaines et en muséologie, médiation et patrimoine, et elle intervient aussi dans l’encadrement en littérature, en histoire de l’art, en anthropologie, en urbanisme, en géographie, en économie et en sociologie dans plusieurs pays. Récipiendaire en 2022 du Prix du Québec Gérard-Morisset, elle a été élue à la Société royale du Canada en 2011. Elle compte à son curriculum vitae près de 400 publications, 200 conférences et plus de 80 étudiants encadrés au 2e et 3e cycles, ainsi que 5,5 millions de dollars en financement obtenu à titre de chercheure principale en carrière.
Pour consulter le communiquer de presse du gouvernement du Canada
Pour en savoir plus sur la programmation 2022-2029 de la Chaire

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