22 juillet 2020

L’église Notre-Dame-de-la-Victoire à Lévis

Sur le plateau de Lévis qui surplombe le Saint-Laurent, l’église Notre-Dame-de-la-Victoire a été construite en 1850 et 1851. Elle a été agrandie par le chevet peu après, en 1854 et en 1855, et son architecture intérieure a été complétée de 1853 à 1855. L’ensemble est dû à l’École de Thomas Baillairgé, c’est-à-dire au groupe d’apprentis et d’élèves du maître qui ont maintenu, par delà sa retraite et son décès, un type de pratique et une esthétique qu’il avait instigués pour servir l’Église catholique romaine du Bas-Canada.

Si le presbytère, construit en 1855 d’après les plans de François Fournier, relève aussi de cette École de Thomas Baillairgé, la sacristie a été reconstruite d’après les plans d’un autre éminent acteur de l’architecture religieuse au Québec : l’architecte David Ouellet. Celui-ci a d’ailleurs parfait, en la respectant, l’architecture intérieure de l’église lévisienne.

Si on excepte le bâtiment qui loge les bureaux de la fabrique et qui est venu s’insérer en 1946 entre la sacristie de 1895 et le presbytère ancien, l’ensemble ecclésial a conservé son intégrité originelle. Autour, le cadre bâti s’est développé en fonction de la position de l’église, notamment à l’avant où sa façade surplombe le parc Monseigneur-Déziel. En périphérie de l’église, notamment autour du parc, on retrouve un certain nombre de maisons cossues qui contribuent, par leur figure architecturale, à asseoir l’église dans un paysage bâti du XIXe siècle. Inscrite dans un véritable havre de paix, l’église Notre-Dame-de-la-Victoire s’est ainsi démarquée de l’urbanisation effrénée qui a marqué le territoire de la rive sud de Québec au XXe siècle.

À court terme, la survie de l’église n’est pas mise en cause par une désaffection importante du culte et, depuis fort longtemps, les paroissiens et les Lévisiens l’ont protégée et mise en valeur comme un vénérable monument. Se pose aujourd’hui la question à savoir si le bâtiment doit être reconnu pour ses qualités sur le plan national et donc être inscrit sur le liste des monuments historiques du Québec. C’est pour établir avec précision la valeur de ce monument, notamment en regard d’un certain nombre de critères reconnus, que le Ministère de la Culture et des Communications, par le biais de sa direction régionale Chaudière-Appalaches, nous a mandatés, en octobre 2000 pour réaliser cette étude ; nous allons donc cerner le potentiel monumental de l’ensemble ecclésial, c’est-à-dire évaluer l’aptitude qu’il aurait à s’imposer sur la scène québécoise, si ses qualités historiques et architecturales étaient mieux connues.

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