Gestion localisée du patrimoine

Les horizons du patrimoine : Partenariat de recherche publique sur la connaissance et la gestion localisées des paysages culturels

Le partenariat Les horizons du patrimoine est né de collaborations multilatérales entre des universités et des organismes décisionnels ou associatifs locaux qui ont mis en exergue la nécessité de repenser et de renouveler la production du patrimoine à l’échelle locale, à partir des outils de la gestion du territoire et dans une perspective d’appropriation et de participation des communautés. Elles constituent aujourd’hui le noyau de trois pôles territoriaux : le pôle Vallée du Haut-Saint-Laurent, le pôle Saguenay et le pôle Est du Québec. Le partenariat intègre des actions ciblées de développement des savoirs et des savoir-faire dans le domaine du patrimoine et de la gestion territoriale afin de maîtriser la croissance équilibrée des territoires et des communautés, ainsi que de leur environnement matériel et culturel. Ce besoin, apparu dans la foulée de la dévolution des compétences territoriales, mais aussi avec les profonds changements structurels qui marquent nos sociétés, repose sur six constats principaux :

  • Les défis que réserve la sauvegarde du patrimoine, particulièrement des héritages de plus en plus titanesques de l’histoire industrielle et des pratiques religieuses.
  • Les problèmes que pose l’inscription de la gouvernance du patrimoine dans les dynamiques locales ou régionales du territoire, au plan de l’acceptabilité sociale, des enjeux économiques et des instruments et politiques de gestion.
  • Plus spécifiquement, les difficultés que pose le recours aux divers mécanismes de production du patrimoine prévus à la Loi sur le patrimoine culturel (Québec, 2012), particulièrement en ce qui a trait à l’identification et à la gestion des « paysages culturels patrimoniaux » que cette loi met de l’avant.
  • Le décalage croissant entre les modes d’action sur le patrimoine à la disposition des acteurs publics et l’appropriation du patrimoine, y compris celui qui a été préalablement défini sur un territoire mais auquel la population s’identifie peu.
  • La nécessité de repenser les savoirs sur le patrimoine et leur utilisation à l’échelle locale, en fonction des impératifs de la croissance territoriale et de la transformation des populations et des modes de vie, ainsi que la pertinence sociale, économique et culturelle de la formation à cet égard.
  • La dispersion des ressources scientifiques, des savoirs expérientiels et des possibilités locales d’intervention eu égard au patrimoine, que ce soit par secteur de la planification, par domaine de gestion ou par approche universitaire.

Le partenariat veut ainsi proposer et mettre en œuvre une conception renouvelée et de nouveaux modes d’action dans les domaines du patrimoine. On considère ainsi le patrimoine, non plus comme un passif ou une charge, mais comme un agent de changement dans un milieu spécifique. Le partenariat aborde donc tant les fonctions culturelles (de porter du sens) et intellectuelles du patrimoine (de transmettre des savoirs) que ses fonctions sociales (il crée du lien) et économiques (il valorise le sol et requalifie). Il s’inscrit dans la double finalité de renouveler tant la production à l’échelle locale que les problématiques à l’université.