Le patrimoine industriel rechargé. Nouveaux territoires et cultures changeantes

Plus que jamais, l’héritage de l’industrie est à l’avant-plan de l’actualité, partout sur la planète et même au-delà. La désindustrialisation, mais aussi le raffinement des connaissances scientifiques et des techniques de production redéfinissent nos rapports avec l’environnement et avec notre histoire. Cet héritage n’est plus seulement constitué de machineries désuètes et de « châteaux de l’industrie » : c’est l’héritage de territoires, de savoirs, de groupes sociaux, de stations spatiales autant que d’installations nucléaires et de maisons ouvrières autant que de complexes sidérurgiques, qui interpellent nos conceptions et nos pratiques. Face aux transformations profondes de l’industrie et de son statut social, politique et économique, le patrimoine industriel soulève des enjeux et offre des possibilités qui vont bien au-delà, dorénavant, de la simple conservation. La transmission du savoir, l’inclusion des personnes et une perspective humaniste renouvelée sur le développement durable sont au rang de ces possibilités du patrimoine industriel qu’il importe maintenant de mettre en discussion.

Congrès international

Montréal, du 30 août au 4 septembre 2021

La Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’Université du Québec à Montréal, sous la direction de sa titulaire, la professeure Lucie K. Morisset, en collaboration avec l’Association québécoise pour le patrimoine industriel (AQPI) et avec le soutien de Tourisme Montréal, est heureuse d’accueillir le Congrès 2021 de TICCIH, The International Committee for the Conservation of Industrial Heritage. Des conférenciers renommés, des communications innovantes, des visites de sites, des activités allant de visionnements commentés à des performances artistiques vous permettront de découvrir et de redécouvrir les scènes montréalaise, québécoise et canadienne du patrimoine industriel et d’échanger avec des collègues et des spécialistes des quatre coins du monde!

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Conférenciers invités

Parmi les conférenciers invités se trouvent :
Prof. Laurajane Smith (Australie)
Dr. Cathy Stanton (États-Unis)
Prof. Sharon Zukin (États-Unis)
Prof. Stefan Berger (Allemagne)

Le thème

Le thème veut favoriser un redéploiement des réflexions et des pratiques au-delà du « postindustriel » classique, très marqué par la déshérence et l’obsolescence. L’on voudrait ainsi contribuer au décloisonnement du patrimoine industriel qu’ont instigué de précédents congrès. Tout en réservant un espace de discussion aux bâtiments et à leur sauvegarde, ainsi que, naturellement, à celle des autres infrastructures industrielles et à la machinerie, le congrès 2021 de TICCIH à Montréal veut poursuivre et renouveler les recherches et les échanges sur des corpus moins discutés du patrimoine industriel, en abordant l’identité de la civilisation industrielle sous l’angle de ses représentations, de sa culture, de ses territoires, de ses héritages (positifs ou négatifs), de leur documentation, de leur usage et de leur valorisation.

Ainsi, au-delà de l’industrie manufacturière, le congrès veut interroger ce qu’est « l’industriel » dans le monde contemporain, tant sur le plan des traces qu’en ce qui a trait aux productions actuelles : l’économie du savoir est-elle une industrie? Comment se qualifie, face aux « châteaux de l’industrie » et à l’heure de sa propre disparition, la grande industrie multinationale du XXe siècle? Au-delà d’un discours générique sur le progrès, comment comprendre le legs des avancées scientifiques qui ont soutenu son expansion ou suivi sa récession ? Comment aborder les quartiers où s’étiole l’identité ouvrière? Ou de quelle manière, à l’inverse, préserver la marque de l’industrie dans les ensembles urbains qu’elle a forgés, cités modernes, villes de compagnie ou quartiers ouvriers en proie à d’importants changements économiques, sociaux et culturels ? On peut, de même, questionner les méthodes et les pratiques au-delà de la seule préservation : quels sont l’apport et les enjeux de l’histoire orale, de plus en plus populaire ? Que dire des stratégies de marque qui ont positionné de vastes opérations de requalification à l’échelle planétaire ? Comment concilier évaluation environnementale et évaluation patrimoniale ? Comment le tourisme industriel peut-il s’adapter aux nouveaux désirs des visiteurs dont les références à l’industrie sont de plus en plus lointaine ?

À partir de telles questions, l’on accueillera avec un enthousiasme particulier les propositions de recherche ou d’intervention sur le patrimoine industriel qui se proposeront, à partir d’un corpus nouveau ou plus traditionnel, d’un cas d’espèce ou d’une discussion théorique, de traiter de thèmes comme les suivants :
La requalification fonctionnelle ou symbolique ;
L’appartenance ou l’acceptabilité sociale ;
L’engagement social avec le discours scientifique ;
La mémoire et la participation des personnes ;
Le développement durable ;
Les usages ou les finalités du patrimoine ;
Les enjeux environnementaux du patrimoine industriel.

C’est autour de telles questions et de tels thèmes que se composera la programmation du congrès. Il s’agit, en somme, de « recharger » le patrimoine industriel en capitalisant sur sa réalité territoriale et sociale, pour réfléchir à ses identités nouvelles ou potentielles et pour le repenser dans les paysages culturels changeants des décennies qui s’annoncent.

Les propositions au Congrès 2021 de TICCIH apporteront une réflexion originale ou une démarche innovante à l’analyse et à la compréhension de ce qu’est le patrimoine industriel, de sa constitution, de ses enjeux, de ses manipulations, de son étude et de sa gestion, ainsi que de ses effets dans une société, sur une économie ou au sein d’un territoire. Elles peuvent considérer des manifestations, des discours, des politiques ou des enjeux du patrimoine industriel, en tant qu’artefact, phénomène, objet d’autonomisation ; dans des communautés, dans des sociétés ou dans n’importe quel environnement physique ou imaginaire. Le Congrès cherche à consolider l’investigation du patrimoine industriel au sens large, en tant qu’objet de savoir ou de pratique examiné depuis diverses régions ou disciplines, que ce soit l’histoire publique, les études de la mémoire, la muséologie, l’archéologie, les études touristiques, l’architecture et l’aménagement, les études urbaines, la géographie, la sociologie, les études culturelles, la science politique, l’anthropologie, l’ethnologie et la recherche création. Les thématiques vont de la Deuxième Révolution industrielle au futur de la classe ouvrière, des villes de compagnie au développement durable fondé sur le patrimoine, de la désindustrialisation aux enjeux de la préservation en milieu urbain.

Notre équipe

La Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain

Créée en juin 2001 au sein de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal, la CRC en patrimoine urbain s’inscrit dans le Programme des chaires de recherche du Canada, stratégie nationale mise en place afin de soutenir l’excellence en matière de recherche et de développement. La programmation de la Chaire, qui prend appui sur de nombreux évènements de mobilisation des connaissances, aborde les processus et les mécanismes qui concourent à la fabrication du patrimoine et à son imbrication dans des identités collectives. La Chaire aspire aussi à contribuer au renouvellement des théories et des pratiques du patrimoine, à partir d’une compréhension différenciée des conceptions qui les soutiennent dans divers contextes postindustriels et postcoloniaux.

L’Association québécoise pour le patrimoine industriel

L’Association québécoise pour le patrimoine industriel promeut l’étude, la connaissance, la conservation et la mise en valeur du patrimoine industriel au Québec.
Fondée en 1988 par des historiens, des consultants, des fonctionnaires du ministères de la Culture et des Communication du Québec et des muséologues, l’Aqpi regroupe regroupe les professionnels et les personnes intéressés par le patrimoine industriel. En plus d’organiser des congrès, des conférences et des visites de terrain, l’Aqpi publie un bulletin et collabore avec des organismes et des individus qui défendent le patrimoine industriel. Financée par le ministère de la Culture et des Communications du Québec, l’Aqpi sensibilise le grand public à l’importance du patrimoine industriel.

Comité organisateur local

Michelle Bélanger, stagiaire postdoctorale, Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, Université du Québec à Montréal

René Binette, directeur, Écomusée du Fier-Monde, Montréal

Dinu Bumbaru, directeur des politiques, Héritage Montréal

Justin Bur, doctorant, Études urbaines, Université du Québec à Montréal

Martin Drouin, professeur, Département d’études urbaines et touristiques, Université du Québec à Montréal

Marie-Blanche Fourcade, chef, Conservation et expositions, Musée de l’holocauste de Montréal

Alain Gelly, historien, Direction de l’archéologie et de l’histoire, Parcs Canada

Steven High, professeur, co-directeur du Centre d’histoire orale et de récits numérisés, Université Concordia

Myriam Joannette, postdoctorante, Études urbaines, Université du Québec à Montréal

Josée Laplace, coordinatrice, Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, Université du Québec à Montréal

Lucie K. Morisset, professeure, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, Université du Québec à Montréal

Luc Noppen, professeur, directeur des partenariats, Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, Université du Québec à Montréal

Prenez date !

Congrès : 30 août au 4 septembre 2021

Échéance de l’appel à sessions : 31 janvier 2020
Échéance de l’appel à communications : 31 août 2020
Dépôt des textes complets des communications : 30 avril 2021

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