Nouveaux musées, nouveaux tourismes. Téoros, vol. 27, no 3

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Lucie K. Morisset et Luc Noppen (2008)
Martin Drouin (2008)

« De la Muséographie à la Stratégie. Le touriste n’est jamais bien loin, du moins l’espère-t-on » (Lucie K. Morisset et Luc Noppen), Téoros, vol. 27, no 3, 2008, p. 5-8.

« Nouveaux musées, nouveaux tourismes » dirigé par Lucie K. Morisset et Luc Noppen
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Lucie K. Morisset et Luc Noppen, De la Muséographie à la Stratégie

S'ils ont jadis soutenu la recherche scientifique, la formation aux arts ou quelque idéologie de construction nationale, les musées se déploient maintenant plutôt dans l'univers touristique ; depuis la Deuxième Guerre, il n'est guère de chantier muséal, construction neuve ou rénovation, que ses promoteurs n'aient justifié par la rétention de touristes, particulièrement en milieu urbain. Or, ce qui pouvait passer pour une densification de l'offre en termes d'activités relève dorénavant clairement d'une guerre d'images, encadrée par les principes d'une stratégie de marque bien plus que par ceux de la muséologie : les dix dernières années du XXe siècle, puis cette décennie-ci, ont ainsi vu se multiplier nouveaux grands musées et rénovations majeures d'institutions reconnues, toutes figures emblématiques conçues comme des produits d'appel. Tout se passe alors comme si l'on parvenait, en théorie, à une adéquation quasi totale de l'image de la destination, de l'expérience touristique et de l'identité urbaine : du nord au sud et jusque dans des coins bien moins connus de notre planète, le musée Guggenheim est Bilbao, le cœur de Paris est au quai Branly, Groningen est un Museum, etc.

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Chronique de la chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain
Martin Drouin, Ouvrir les canaux à de nouveaux publics. Le patrimoine comme médiateur du tourisme nautique.

Le canal Rideau a fait la manchette des journaux à plusieurs reprises au cours des dernières années. À n'en pas douter, son inscription récente sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a joué pour beaucoup dans ce succès médiatique. La décision a par surcroît coïncidé, en 2007, avec le 175e anniversaire de sa construction, amplifiant de la sorte le phénomène1. La majorité des médias qui ont couvert l'événement ont invité, dans la foulée, les touristes à découvrir ce « joyau » ontarien. Il est vrai que le passage entre la rivière des Outaouais et le lac Ontario, entre Ottawa et Kingston, a tout pour fasciner. Pensé au lendemain de la guerre de 1812 et inauguré une vingtaine d'années plus tard, le canal emprunte la rivière Rideau, une série de lacs, pour rejoindre la rivière Cataraqui dans une succession de plans d'eau qui communiquent entre eux. L'ensemble, d'une longueur de 202 kilomètres, est ainsi articulé par un réseau de 47 écluses et une suite de canaux artificiels conçus par le colonel By et réalisés par un contingent de travailleurs anonymes. Si le canal a perdu depuis le début du XXe siècle ses fonctions militaires et commerciales, la navigation récréative s'est en revanche énormément développée.

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