À la recherche du patrimoine de Hong Kong : grandeur et complexité. Téoros, vol. 27, no 2

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 Martin Drouin (2008)

Chronique de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain
Martin Drouin, À la recherche du patrimoine de Hong Kong : grandeur et complexité.

Hong Kong s'impose comme une destination incontestable dans l'orbite des villes touristiques de calibre international. Au premier abord cependant, peu de touristes choisiraient d'y passer une partie de leur séjour afin de pouvoir goûter au patrimoine urbain hongkongais. Face à la richesse architecturale de Macao, l'autre port au passé européen du delta de la rivière des Perles, la ville ferait en effet pâle figure. Dans ma chronique précédente, j'évoquais les transformations récentes de l'ancienne colonie portugaise, dont l'inscription en 2005 du centre historique sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), qui en faisait un lieu prisé pour la qualité de son architecture ancienne. Je soulignais par la même occasion l'émergence d'un inévitable paradoxe qui oppose la mise en tourisme de ce patrimoine, valorisé par la valeur d'authenticité, et la construction d'une série de casinos, associée davantage à la poursuite de l'illusion et du trompe-l'œil. Le développement touristique de Hong Kong ne s'inscrit assurément pas dans une même dynamique. L'ancien « rocher stérile » décrit par Lord Palmerston après la signature du traité de Nankin en 1842 a bien d'autres attraits à offrir. Le petit port de pêche, cédé au Royaume-Uni pendant une période de 155 ans, s'est transformé en l'un des centres financiers les plus influents d'Asie. Il fait désormais partie de ces villes monde au cœur de la reconfiguration des économies actuelles. Le transfert de la colonie à la Chine – le « handover » comme les événements de 1997 sont communément appelés – n'a rien changé au dynamisme local. Dans le brouhaha d'une telle effervescence, l'identité de la ville s'est articulée autour de ses nombreux gratte-ciel et de ses néons. Cette image d'Épinal se retrouve encore sur les cartes postales vendues aux touristes de passage. La « symphonie des lumières » est d'ailleurs le nom d'un spectacle donné tous les soirs, auquel participent 44 édifices de la ville dans un feu d'artifice lumineux1. Dans ce contexte, une offre touristique pourrait-elle franchement miser sur le patrimoine hongkongais ?

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