Axes de recherches

Depuis 2009, le programme de recherche de PARVI se concentre sur la patrimonialisation, phénomène déterminant, en ces premières décennies du XXIe siècle, de la constitution sémantique des villes et de l’investissement identitaire qu’elles portent ou dont elles témoignent. Tantôt diachroniquement, tantôt synchroniquement, nous interrogeons la patrimonialisation selon deux perspectives : celle d’un contexte d’étude global confronté à des situations locales (la comparaison servant l’identification des particularités) et celle des enjeux du cadre d’expression mondial (telles les « valeurs universelles » du « patrimoine de l’humanité ») répercuté sur des mécanismes locaux (normes paysagères et aménagistes, etc.). Nous sommes particulièrement interpellés par la capacité (ou l’incapacité) collective des sociétés occidentales contemporaines à se projeter au-delà de l’immédiateté du présent et par les aléas de ce que François Hartog a désigné sous le terme de « présentisme »; ainsi souhaitons-nous cerner comment le patrimoine et la significativité du paysage construit contribuent à l’élargissement des horizons temporels et culturels.

Nous nous attachons à cerner « l’idée de patrimoine » et, plus largement, l’investissement de sens dans le territoire à partir de trois principaux questionnements de nature fondamentale ou appliquée, qui interrogent :

  1. la caractérisation, la sélection et la conservation du patrimoine;
  2. la gouvernance;
  3. la valorisation.

Ces questionnements s’établissent selon deux axes, soit l’histoire du patrimoine au Québec et la patrimonialisation contemporaine.

Notre approche transdisciplinaire explore le sens et la forme patrimoniale dans le discours des artefacts, des acteurs, dans l’épistémologie de l’aménagement, à travers la production artistique et le design ou dans la requalification architecturale et urbaine. On explore simultanément la patrimonialisation (le processus, ses procédés, sa pensée) ainsi que les imaginaires et les objets (les paysages) auxquels les représentations urbaines ont été ou sont accrochées ou rapportées, en vue de baliser un redéploiement de la recherche par une nouvelle théorie patrimoniale (comprendre la patrimonialisation comme un phénomène local) et de mieux saisir l’existant, au départ de «l’idée de patrimoine» cernée diachroniquement, afin de l'intégrer à l’avenir du projet socio-urbain.