Architecture iconique. Les leçons de Toronto

Architecture iconique. Les leçons de Toronto

Guillaume Éthier, Collection "patrimoine urbain" Presses de l’Université du Québec, 2015, 312 pages

La recette de l’architecture iconique peut se décrire assez simplement. Il s’agit d’ériger un édifice culturel spectaculaire afin qu’une ville se transforme sous cette impulsion nouvelle. De nombreuses villes occidentales ont adopté cette stratégie de régénération urbaine au vu de l’expérience de Bilbao, une ville d’Espagne qui a engrangé des retombées économiques intéressantes à la suite de la construction d’un musée par l’architecte Frank O. Gehry. Mais au-delà de sa nature stratégique, l’architecture iconique comporte un sens connoté profondément énigmatique. Si les édifices iconiques sont emblématiques de la production architecturale contemporaine, ils doivent bien dire quelque chose sur la société dans laquelle ils sont érigés. Mais quoi ?

L’auteur de cet ouvrage a vu émerger un fait singulier dans l’étude de ces édifices iconiques : tous présentent une rupture importante avec leur contexte d’implantation. Il les appréhende ainsi comme des objets dont la logique culturelle consiste à se distinguer de leur milieu (forme iconique) pour ensuite rétroagir sur lui de manière à le transformer (fonction iconique). Il prend pour point de mire quatre édifices de Toronto, l’Ontario College of Arts and Design, le Royal Ontario Museum, l’Art Gallery of Ontario et le Four Seasons Centre for the Performing Arts, la ville ayant connu une véritable renaissance culturelle dans la décennie 2000, alors que pas moins de onze institutions culturelles majeures se sont refait une beauté. Ces leçons torontoises permettent d’entrevoir comment est pensé le rapport au contexte dans la conception des icônes, et comment, de manière générale, ce processus relève d’une tentative d’organisation de sens dans une société en crise de représentation.

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