Des régimes d’authenticité. Essai sur la mémoire patrimoniale

regimes-authenticite

 Lucie K. Morisset (2009)

Le patrimoine change. Depuis son ancêtre, le monument historique, jusqu’à ses plus récentes incarnations de trésors de l’humanité, il révèle, tout autant que l’histoire ou la culture qu’il symbolise, les relations variables entre l’homme et le monde. Dans le temps long, l’objet de patrimoine s’avère oeuvre ouverte : investi de sens, puis réinvesti et investi encore, ou relégué aux oubliettes de nos constructions identitaires, il porte les traces empilées des intentions cycliques et de l’affection collective qui l’ont adopté. Notre univers visible fourmille ainsi de fossiles patrimoniaux, créatures consacrées jadis pour des raisons dorénavant plus ou moins limpides, qui toutes, cependant, marquent nos pratiques et nos conceptions dont elles ont jalonné la différenciation selon les époques et les territoires. C’est la mémoire patrimoniale.

L’essai que voici inverse la proposition des Lieux de mémoire de Pierre Nora pour recentrer l’étude du patrimoine sur l’objet patrimonial, producteur d’identité. Cette herméneutique du patrimoine s’attache à expliquer la vie de ces objets merveilleux caractérisés, conservés puis valorisés, à travers les mutations de leurs formes et de leurs sens. Afin de soutenir, par cette perspective originale, des histoires du patrimoine encore inédites, l’ouvrage apporte à la discussion un cadre théorique qui assortit, à l’étude de la mémoire patrimoniale, l’observation de régimes d’authenticité successifs –clin d’oeil aux régimes d’historicité débusqués par François Hartog –portant l’un dans l’autre la signification des objets et des actes patrimoniaux. Le patrimoine se dévoile alors au coeur d’un écosystème, dans lequel s’équilibrent, pour un moment, un rapport au Temps, un rapport à l’Espace et un rapport à l’Autre dont l’examen éclaire, en retour, la constitution des représentations patrimoniales et le chemin parcouru par leurs objets jusqu’à nous.

Un livre de Lucie K. Morisset publié en 2009 aux Presses de l’Université de Rennes et aux Presses de l’Université du Québec.

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