Traces d’appartenance : De nouvelles avenues pour la recherche sur la construction des identités

La thématique de la construction des identités fait partie du vocabulaire dominant utilisé pour exprimer l’inscription des individus et des groupes sur les territoires, avec les concepts de « patrimoine », « tradition », « mémoire ». Cet ensemble de mots semble réunir un grand nombre de sujets. Il y a lieu de se questionner : le concept d’identité est-il toujours utile ou doit-on changer le vocabulaire dominant ? Puisque nous souhaitons mettre l’accent sur les logiques d’identifications et d’appartenances, nous proposons pour thématique de cette activité les « traces d’appartenance(s) ». Dans les traces peuvent être inclus des discours, des images et des objets, tandis que les appartenances recouvrent différentes inscriptions, logiques et dynamiques sociales qui seront interrogées, de même que les liens sociaux et les univers de représentation. Identité et appartenance sont des notions complémentaires : la première répondant à la question du « qui suis-je ? », la seconde à celle du « comment et avec qui suis-je ? ». L’identité relie l’individu à des groupes à travers la socialisation, tandis que la question de l’appartenance concerne les modes d’affiliation. « Faire partie de », « être attaché à », sont des expressions qui expriment un lien. L’appartenance se trouve au centre du processus identitaire dans la mesure où elle fonde un lien entre les individus, leurs communautés et leurs territoires, un territoire qui permet souvent de consolider l’appartenance à travers la matérialité et la spatialité qu’il représente. Suite d’empreintes laissées sur le sol, la trace peut aussi être une impression, faite par un événement, une situation. Et puis il y a celles qui subsistent du passé : traces laissées sur la toile ou le papier par les créateurs, traces de l’existence laissées dans un logis, vestiges d’une autre époque. Les traces représentent l’absence, ce qui est là, sans être là. Les traces concernent peut-être avant tout la transmission.

Marie-Blanche FOURCADE, Université de Montréal
« En quête » d’Arménie : la diaspora retourne à ses racine

Avec la participation de :
Drouin MARTIN, UQAM
De la question sociale à la question urbaine : le patrimoine comme fédérateur de projets